Il n'est pour ainsi dire aucune caractéristique animale que l'humain ne partage:
nous mangeons, nous naissons, nous mourons, nous nous reproduisons par voie sexuelle, nous dormons, nous avons faim et soif, nous sommes dotés de griffe, de pelage, nous partageons le mode d'allaitement et de reproduction d'une grande famille d'animaux, nous avons un pouce opposable comme l'ensemble des primates, nous avons des yeux, des sens comme l'ensemble des animaux, nous abritons 30 mille milliards de microbiotes, etc.
Mais il y a un trait que nous sommes sans doute les seuls à partager - et je ne parle pas du langage que les oiseaux ou les dauphins utilisent, je ne parle pas non plus de la capacité à fabriquer, à utiliser, à concevoir des outils comme des castors ou des oiseaux, par exemple - c'est le fait que nous ne pouvons accoucher seuls.
Alors que la plupart des animaux peuvent mettre bas seuls, aucune femme ne peut accoucher si elle n'est aidée, si quelqu'un lui tend la main, si quelqu'un s'inquiète de son manger, de son gîte à ce moment-là.
C'est dire que ce qui nous constitue (éventuellement, ce qui constitue aussi d'autres espèces qui partageraient la même spécificité), c'est notre impérieuse nécessité de faire société, de faire projet commun, de faire cause et chose commune. Cette nécessité fait de nous animaux sociaux avec ce que cela implique - religion comme force centripète sociale, langage, culture, art, volonté de marquer ses pairs.
Ce qui nous a permis de survivre depuis le paléolithique, ce qui nous permet de survivre, c'est notre capacité à nous mobiliser pour aider, pour faire ensemble, pour que nos petits viennent au jour dans la relative sécurité d'un abri.
Disons que cette particularité ne fait pas de nous une espèce étrangère au règne animal. Elle nous singularise - comme une autre espèce peut être singularisée par son vol, par son mode de reproduction (elle aussi), par son alimentation ... - et, ce faisant, nous rend reconnaissable. Un humain ne se reconnaît parmi les animaux ni pour sa religiosité - il y a des humains non croyants et on ne peut exclure des non humains dotés d'une forme de religiosité - ni pour son langage, ni pour ses inventions techniques - il y a là aussi souvent matière à s'émerveiller chez d'autres espèces animales - ni même sa sensibilité, ses sentiments, ses convictions, son idéal. Il se reconnaît parce que la société est un caractère nécessaire de son être, parce que, à travers les générations, les enfants ont tous été mis au monde par un travail social, par une société constituée.
Je comprends la démonstration qui est pertinente. Par contre l'humain n'est pas le seul a avoir besoin de faire société pour la survie de l'espèce, loin s'en faut. MP
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