Au fond, si on est juste, qu'est-ce qui oppose Hamon et Mélenchon?
Hamon veut rester en Europe, il veut conserver l'euro. À tort ou à raison l'union européenne et la monnaie unique sont perçues comme des institutions à l'origine du martyr des pauvres et des travailleurs depuis des années.
C'est dire que les électeurs de Hamon considèrent le martyr des classes populaires comme un dégât collatéral acceptable, qu'ils pensent qu'on peut faire bien mieux dans le cadre des traités européens. Ce sont des classes sociales qui ont bénéficié de l'Europe, des investissements dans les lignes à grandes vitesses, qui vivent près de centres urbains dynamiques, etc.
Pour les électeurs des régions délaissées, des friches industrielles, pour les salariés entre précarité et mauvais traitements patronaux, pour les salariés, les retraités qui se voient sombrer peu à peu dans la pauvreté, l'Europe est un produit invendable.
La ligne de facture entre Hamon et Mélenchon est là, je crois. Indépendamment de leur bonne foi et au-delà de leur programme. Cette ligne est irréconciliable car, pour proches que soient les programmes, les sensibilités sociales derrière les électeurs sont très différentes - comme l'étaient celles des électeurs de Sanders et de Clinton.
Par contre, quel que soit le résultat des élections, il y a une urgence qui apparaît. Il faut écouter et tenir compte de la souffrance d'une partie croissante de la population, non par peur du pire mais par nécessité anthropologique et sociale.
C'est la condition pour faire société sauf à sombrer dans les narrations collectives millénaristes.
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